Service Immobilier Parisien

2016 un bon cru pour l’immobilier

838.000 ventes ont été enregistrées par les notaires à la fin du mois de septembre, sur un an, soit 11 % de plus qu’en 2015, et même davantage qu’aux périodes fastes de 2006 et 2012.

« Il faut cependant relativiser ce record, nuancent les notaires. Depuis dix ans, le parc immobilier s’est accru d’environ 10 %, du fait des nouvelles constructions de logements. » Il faudrait donc plutôt dépasser les 900.000 transactions sur un an pour retrouver un dynamisme équivalent à celui de 2006.

Il n’empêche : le niveau historiquement bas des taux de crédit immobilier a convaincu les acheteurs de passer à l’acte et de cesser de différer leurs investissements immobiliers. Les emprunteurs s’endettent en moyenne à 1,31 % hors assurance, selon Crédit Logement, contre 2,19 % il y a seulement un an. Un coup de pouce équivalent à une baisse des prix de l’immobilier de 7,5 %. « À la faiblesse des taux de crédit s’est ajoutée en 2016 la modération des prix immobiliers. Pour les primo-accédants, notamment, 2016 était une fenêtre de tir à ne surtout pas rater », estime Yann Jehanno, agent immobilier.

Les prix flambent à Bordeaux ; entre 2011 et 2015, les prix s’étaient en effet érodés. Ils se sont redressés légèrement en 2016, de 1,7 % en moyenne sur un an, sous l’effet de la reprise de l’activité immobilière. Plus marqué en Île-de-France, ce mouvement haussier se diffuse progressivement au reste de l’Hexagone. Pour la première fois depuis 2012, le prix des appartements anciens s’est ainsi remis, en septembre, à progresser en région. « L’inversion de tendance est toute récente. Pour les maisons comme pour les appartements, la remontée des prix devrait se poursuivre au début de l’année prochaine », malgré la légère remontée des taux attendue, prévoient les notaires.

Ces moyennes nationales recouvrent cependant des évolutions très diverses. Le marché d’une ville comme Saint-Étienne a ainsi peu à voir avec celui de Bordeaux ou de Lyon. Les prix continuent de baisser dans six des dix-sept villes de province de plus de 150 000 habitants. Parmi elles figurent Nice, Montpellier, Angers ou encore Saint-Étienne. A contrario, les prix flambent littéralement dans la ville d’Alain Juppé. L’heureux acheteur d’un appartement bordelais ces dernières années aura fait une très bonne affaire.

Depuis 2006 et l’achèvement de la majeure partie des travaux de rénovation de la ville, les prix y ont progressé de 42 %. Cette année encore, les appartements s’y sont appréciés de 4,1 %, soit davantage que dans la capitale (+ 3,6 %). La prochaine mise en service de la ligne à grande vitesse jusqu’à Bordeaux devrait encore contribuer à la hausse des prix. La valeur du mètre carré grimpe aussi à Lyon, dans une moindre mesure (+ 2,6 % sur un an et près de 30 % sur dix ans), comme à Nantes (+ 3,2 %) ou à Reims (+ 2,9 %). Bordeaux et Lyon sont cependant les deux seules villes de France où un acquéreur peut s’acheter un appartement plus petit en 2016 qu’en 2006, pour une mensualité donnée. Partout ailleurs, la baisse des taux de crédit a redonné du pouvoir d’achat aux ménages. À Toulon, la baisse des prix cumulée à celle des taux permet d’acquérir 28 m2 de plus qu’il y a dix ans. Un gain qui atteint même… 83 m2 à Saint-Étienne !